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Technique de lance: attaque combinée

La progression ayant été réalisée, le porte lance arrive devant l'entrée du local en feu. Il faut alors attaquer, pour éteindre. Suivant les dimensions du local, suivant la localisation du foyer mais surtout suivant la ventilation disponible, il faudra choisir la meilleure solution, afin d'éteindre rapidement, sans se mettre en danger. Nous verrons cette fois l'attaque combinée (ZOT), qui peut se pratiquer lorsque le local est ventilé.

Historique
Afin de bien comprendre le principe de cette méthode, ces avantages mais surtout ses inconvénients, il faut revenir quelques dizaines d'années en arrière, au moment de son « invention ». Nous trouvons des explications dans les travaux menés dès 1951 par Keith Royer et Floyd Nelson (Iowa State University), dans l'ouvrage de Floyd W. Nelson «Qualitative Fire Behavior», ainsi que dans plusieurs articles dont celui du magazine Fire Engineering, intitulé «Building a case for implementing smooth bore nozzle», écrit par Todd Connors.

Nous y apprenons qu'à l'époque, trois sortes d'attaques étaient décrites.

  • L'attaque directe, consistant à envoyer de l'eau directement sur le foyer, celui-ci devant être visible.
  • L'attaque indirecte, consistant à arroser les parois, donc les zones très chaudes, afin de faire rebondir l'eau et produire de la vapeur. Pour réussir, cette attaque doit se réaliser dans un local clos, donc un local dont les portes et fenêtres sont intactes. Mais elle se pratique de l'extérieur de la structure: une porte est ouverte, l'arrosage est réalisé, puis la porte est refermée.
  • L'attaque combinée. C'est la méthode du «ZOT», décrite par Royer et Nelson.

Dans son article «Little Drops of Water: 50 year Later», Fredericks Andrew donne une indication très précise sur cette méthode:
«L'objectif de l'attaque combinée c'est de faire «rouler» le jet tout autour du local en refroidissant les murs, plafond et sol avec la partie extérieure du jet, tandis que la partie intérieure de ce jet refroidit les gaz chauds produits par le feu. En heurtant le plafond surchauffé, les murs et les éléments en feu, cela produira un maximum de vapeur dans un minimum de temps».
Nous avons donc déjà une des explications du terme « combinée » puisqu'il y a bien combinaison de deux actions: refroidissement des gaz qui se trouvent au centre du volume et en même temps production de vapeur par contact de l'extérieur du jet avec les parois surchauffées.
Il suffit de faire un essai, en extérieur, pour constater que la portée du jet en gros débit est telle que les murs, le sol et le plafond seront effectivement touchés par la projection d'eau.

Fredericks Andrew poursuit en précisant «tout comme l'attaque indirecte, l'attaque combinée a été initialement prévue pour être utilisée depuis l'extérieur». Son analyse se poursuit en prenant en compte les documents d'origine de l'Université de l'Iowa et les films réalisés par Royer et Nelson:
«Aussi loin que lui puisse aller dans l'étude des documents de Royer et Nelson, il n'y ait pas fait mention de l'impact de la vapeur sur les occupants piégés. En regardant les films et en lisant les documents correspondants, nous notons que cette tactique se réalise en appliquant l'eau depuis l'extérieur de la structure. L'objectif principal de la méthode Iowa est de combattre et d'éteindre le feu avant d'entrer. La préservation des vies et l'impact de la vapeur, sur les victimes piégées, n'est pris en compte dans aucun des trois films».

Dans son article «Building a case for implementing smooth bore nozzle», Todd Connors poursuit en indiquant «la méthode indirecte et la méthode combinée n'ont pas été mise au point pour une attaque intérieure agressive. Ce sont seulement des incompréhensions de la part d'individus, de services ou de centres de formation qui ont abouti à cette erreur. Les deux créateurs de cette méthode n'ont jamais eu l'intention de s'en servir depuis l'intérieur de la structure. La production massive de vapeur, lors d'une attaque indirecte ou une attaque combinée, est dangereuse pour les sapeurs-pompiers et pour les personnes piégées. Il y a également risque de propagation, la surpression de la vapeur pouvant pousser le feu hors du local initialement impliqué».

Nous avons d'ailleurs confirmation de cela, lors de la lecture du document (mi-technique, mi-publicitaire) intitulé «Balanced Fire Attack - Using the Task Force Tips Automatic Fog Nozzles» écrit par George Oster et John D. Wiseman. Ce document indique que cette lance est idéale (ce qui est un peu normal puisque le document a, entre autres, un objectif commercial) et indique que l'attaque combinée nécessite un local clos. Si nous restons dans la logique initiale de Royer et Lenson, ce point semble logique puisque l'attaque se réalise depuis l'extérieur de la structure (et pas à la porte du local). Par contre, si nous nous plaçons dans la logique visant à traiter le feu depuis l'intérieur de la structure, cela pose de sérieux problèmes.

Nous savons qu'il est assez facile de calculer la quantité d'eau nécessaire pour absorber la puissance thermique produite par un incendie dans un local, puisque les travaux de Thornton puis ceux de Huggett et Babrauskas, ont démontré que la puissance thermique d'un tel feu ne dépendait pas du combustible, mais uniquement du comburant, donc du volume du local. Connaissant la capacité d'absorption thermique de l'eau, la quantité d'eau nécessaire est assez simple à calculer. C'est ce qui nous permet d'élaborer une stratégie en fonction du volume du local et, compte tenu du fait que les locaux d'habitation ont globalement tous la même hauteur de plafond, d'établir une stratégie en fonction de la surface, plus facile à estimer. Mais en contre partie, cette projection d'eau ayant pour effet (entre autre) de produire de la vapeur, le local va se transformer en «cocotte minute».

Il y a donc une ambiguïté dans le raisonnement, ambiguïté qui nous met face à deux hypothèses:

  • Si nous utilisons l'attaque combinée depuis la porte du local, alors que celui-ci n'a pas d'ouvertures (autre que la porte où se trouvent les intervenants) l'attaque aura toutes les chances de réussir puisque le volume sera complètement saturé de vapeur. Mais en même temps les intervenants vont subir un effet de « piston thermique » extrêmement dangereux, qui les brûlera et les obligera à se sauver. Et pendant tout le temps qu'ils passeront dehors, le feu pourra reprendre.
  • Si nous utilisons l'attaque combinée dans un local parfaitement ventilé, avec éventuellement usage d'un ventilateur, la vapeur produite partira par les ouvertures et ne brûlera pas les intervenants (à condition bien sûr qu'ils ne soient pas sur le trajet de sortie de la vapeur). Mais en même temps, la vapeur s'échappant du local, l'extinction aura moins de chances de réussir.

Attaque combinée: l'utiliser ou non?
Dans notre logique, nous sommes en fin de phase de progression. Nous sommes donc dans la structure. La solution idéale est donc.... de ne pas utiliser l'attaque combinée! Il faut logiquement lui préférer l'attaque par alternance pulsing-penciling (voir l'article et la vidéo sur cette méthode) puisqu'elle est adaptée à toutes les situations.

L'utilisation de l'attaque combinée peut néanmoins se pratiquer, en fonction de certaines conditions:

Possibilité d'attaque combinée depuis l'extérieur de la structure si :

  • Pas d'occupants pouvant subir la pression de la vapeur
  • Pas de risque de propagation par "soufflage" du feu ou des fumées dans d'autres locaux
  • Le local est fermé ou en tout cas assez mal ventilé

Possibilité d'attaque combinée depuis l'intérieur de la structure, si :

  • Pas d'occupants pouvant subir la pression de la vapeur
  • Pas de risque de propagation par "soufflage" du feu ou des fumées dans d'autres locaux
  • Ouvertures suffisantes pour permettre l'évacuation de la vapeur
  • Position des intervenants hors du trajet de sortie des fumées et de la vapeur

Note : nous parlons bien ici de structure et pas du local, une structure étant l'ensemble qui contient des pièces ou locaux.

C'est cette dernière solution (attaque combinée depuis l'intérieur) dont nous trouvons le descriptif dans les documents de formation Américains et Canadiens. Dans le «Manuel de lutte contre l'incendie», utilisé au Canada et qui est la traduction d'un ouvrage édité par IFSTA en 1998, nous lisons (page 527):
«Attaque combinée du feu. La méthode combinée repose sur la technique de production de la vapeur par une attaque au niveau du plafond, alliée à l'attaque directe sur les matières en combustion prés du sol. On peut déplacer la lance par un mouvement en T, en Z ou en O, en commençant avec un jet plein ou diffusé dirigé vers les gaz surchauffés au plafond, puis vers le bas pour s'attaquer au combustible enflammé prés du sol. Le mouvement en forme de O de l'attaque combinée est probablement la méthode d'attaque la plus courante. Dans le cas du mouvement en forme de O, on dirige le jet d'eau vers le plafond, et la périphérie du jet doit atteindre le plafond, le mur, le plancher et le mur opposé. Les pompiers ne doivent pas oublier que la projection d'eau sur la fumée n'éteint pas l'incendie, et qu'elle cause inutilement des dégâts d'eau et perturbe la stratification thermique».

Cette dernière remarque est juste puisque dans le cas présent le jet est violent (débit important). Nous savons par contre que l'utilisation d'impulsions courtes, en jet diffusé débit minimum, ne perturbe pas l'ambiance thermique et ne produit pas de dégât des eaux. Mais dasn ce cas nous sommes dans des techniques différentes puisque les impulsions courtes en débit minimum concernent l'attaque pulsing-penciling et pas l'attaque combinée.

Le descriptif donné dans ce «Manuel de lutte contre l'incendie» est conforme aux affirmations de Fredericks Andrew sur le fait qu'il va y avoir forte production de vapeur. A un autre endroit de ce manuel, nous trouvons d'ailleurs des précisions sur ce danger:
«L'utilisation d'un jet diffusé dans une attaque directe ou combinée nécessite une ventilation adéquate à l'avant des tuyaux d'incendie. Sinon il y a de fortes probabilités que la vapeur ou le feu retourne en arrière et encercle l'équipe affectée aux tuyaux, présentant ainsi des risques de blessures considérables».

 

 

Les trois gestes de l'attaque combinée. Schéma issu de l'ouvrage «Manuel de lutte contre l'incendie» (IFSTA -1998)

 

Sachant que l'un des objectifs de l'attaque combinée est de produire de la vapeur, il est évident qu'il y a un fort risque de brûlures. Pour cette raison, le choix de cette méthode est très dépendant de la ventilation du local. Celle-ci doit être suffisante pour que la vapeur puisse s'échapper, sans revenir sur les intervenants. Il faut donc une ouverture assez grande, qui sera de l'autre côté du foyer, ou qui en tout cas ne placera pas les intervenants entre le foyer et cette ouverture. La porte d'accès n'est donc pas à prendre en compte comme ouverture! D'ailleurs, sauf s'il y a utilisation d'un ventilateur d'attaque, la porte de pénétration dans le local devra si possible être fermée, afin de ne pas attirer la vapeur vers le porte lance.
En conclusion, sans ventilation correcte du local, cette méthode s'avère dangereuse lorsqu'elle est pratiquée de l'intérieur. Par contre avec des ouvertures assez correctes, elle aura l'avantage d'abattre le feu, assez rapidement.

Réglages de la lance
La lance va être réglée sur la position du jet d'attaque. Sur certaines lances, cette position est matérialisée par un dessin, par l'indication « flashover » (??!!) complétée ou non par un cran. Ce réglage donne un jet identique à celui utilisé pour pulser deux fois au-dessus de la porte avant son ouverture, donc un jet un peu plus resserré que pour la progression.

Le débit va être maximal (400, 475, 500lpm suivant la lance). Avec un tel débit, la portée sera importante et les gouttes seront grosses. Le jet va donc traverser la couche gazeuse, heurter les parois (murs, plafond, sol) et produire ainsi une grande quantité de vapeur. Au niveau du combustible solide, la puissance de pénétration des grosses gouttes va leur permettre de traverser la zone de rayonnement et de s'étaler sur l'élément solide: les flammes vont être éteintes et la pyrolyse sera stoppée.

Position
A genoux, le porte lance sera bien calé car à un tel débit, le recul est important. Le bras tendu, il pourra parer à ce recul, tout en ayant la possibilité de faire un geste ample, permettant de balayer tout le local. En plus, avec le bras tendu, l'autre main pourra basculer correctement le levier, donc ouvrir correctement la lance et avoir un jet de bonne qualité (dans le cas contraire le basculement partiel du boisseau détériore le pulvérisé).

Trois surfaces, trois gestes
Le porte lance va estimer les dimensions du local afin de choisir le geste le plus adapté.
A chaque fois, il placera sa lance au début du tracé, en haut, ouvrira totalement sa lance pour produire instantanément un jet de bonne qualité. Il déplacera sa lance assez rapidement et une fois le geste terminé, fermera celle-ci.
Quel que soit le geste choisi, il déplacera toujours sa lance à la même vitesse. En effet, la durée de chaque geste (Z,O, T) est différente mais cette différence de durée vient du fait que les trois tracés sont de longueurs différentes. Ce n'est donc pas la vitesse de déplacement de la lance qui en change la durée d'ouverture, mais seulement le choix de la lettre et le tracé de celle-ci.

La surface du local pouvant être traité, est calculée en fonction du débit de la lance et de la durée d'ouverture. Nous en déduisons la quantité d'eau envoyée, donc l'absorption thermique maximale possible et, suivant les règles de Huggett, la surface du local qu'il est possible de traiter. En imaginant que le local soit entièrement embrasé donc à son seuil de puissance maximale, le T convient pour 10m2, le O pour 15 et le Z pour 20. L'attaque se produisant rarement à ce seuil de puissance maximale, nous pouvons établir simplement une règle simple : «ZOT = 321» donc 30m2 pour le Z, 20 pour le O et 10 pour le T.

 

 

En haut, quatre phases du Z. En bas, quatre phases du O.

 

Les détails sur le rapport entre la quantité d'eau et le calcul de la puissance thermique ramenée au volume, se trouvent dans le document «Eau et Feu», disponible dans la section téléchargement. La surface est ici calculée en prenant comme base un local de 2,40m de hauteur de plafond.

Avantages / Inconvénients
Au rang des avantages, nous pouvons citer la rapidité puisque l'extinction se réalise en quelques secondes, avec une quantité d'eau très faible (le Z envoi une vingtaine de litres d'eau).
Par contre, cette méthode nécessite une bonne ventilation, provoque des coups de béliers au niveau tuyau / pompe. Ce point n'est cependant pas si problématique que cela, puisque le geste se réalise seulement une ou deux fois, mais pas plus.
A noter que certaines personnes arrivent facilement à réaliser les trois gestes alors que d'autres éprouvent de grandes difficultés à les mémoriser, réalisant des gestes parfois désordonnés. Il faut donc s'entraîner et pas « essayer » en intervention! (ceci étant d'ailleurs valable pour les autres techniques!).

Autres appelations
Le nom d'origine de cette méthode est «Combination attack», traduit en Français dans les manuels Québécois, par «Attaque combinée». Nous trouvons également les termes «Attaque éclair» ou «Attaque massive», qui correspondent à cette même méthode.

Conclusion
Méthode d'attaque rapide, assez facile à mettre en oeuvre, l'attaque combiné demande néanmoins des précautions d'emploi. Si le porte lance n'est pas certain des conditions, il sera préférable d'opter pour l'attaque alternant pulsing-penciling. Si par contre les conditions le permettent, l'attaque combinée réglera le problème en quelques secondes !

 

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Technique de lance: passage de porte

Après avoir réalisé une progression avec le plus de précautions possible, il faut se rendre à l'évidence: le local est fermé par une porte et il va falloir la franchir. Qu'elle est la situation de l'autre côté? Comment pénétrer dans le local de la façon la plus sécurisante possible? La technique de lance dont la vidéo est disponible ici en téléchargement, montre que le passage de porte ne s'improvise pas. Cet article complétera cette vidéo, en décrivant précisément les actions à entreprendre et surtout, en justifiant ces actions.

La porte
Cherchons d'abord à savoir ce qu'est une porte et surtout, ce que toutes les portes ont en commun.

- La porte permet la pénétration dans un local donc la pénétration de l'air frais et par la même la ventilation du feu. Or un feu correctement ventilé peut doubler de puissance toutes les 60 secondes ! Maîtriser l'entrée d'air est donc une nécessité.
- La porte est une zone de turbulence. Il est clairement démontré qu'en haut des portes, la puissance thermique est supérieure à celle qui est détectée en milieu de local. Cela vient entre autres du fait que la porte est sur une paroi: les gaz chauds, émis par le foyer, sont au plafond et se déplacent. Lorsqu'ils arrivent sur la paroi, ils descendent le long de celle-ci. Au niveau de la paroi, la zone de chaleur la plus forte sera donc plus basse qu'au centre du local.
Or, comme la porte est une ouverture sur une paroi, une fois que les sapeurs-pompiers auront passé la porte, ils se trouveront donc dans une zone très chaude alors même qu'ils devront y rester quelques instants pour analyser la situation.
- La porte peut-être le point de départ du cône d'expansion d'une éventuelle explosion.
- La porte est un élément d'interface entre un local qui contient des fumées combustibles chaudes en partie supérieure, et un couloir (ou une autre pièce) qui contient du comburant. Ce point mérite d'être expliqué: dans le local, même si l'air frais arrive par une fenêtre, cet air frais est utilisé par le foyer. En partie supérieure il y a donc des fumées, fortement combustibles, qui peuvent très bien être au-dessus de leur température d'auto-inflammation. Elles ne prennent pas feu car elles manquent de comburant puisque celui qui entre dans le local est consommé par le foyer. Dès que nous allons ouvrir la porte, ces fumées vont sortir, rencontrer le comburant présent dans l'autre local, et prendre feu.

Ceci peut conduire à 2 phénomènes:

  • Une inflammation qui va retourner dans le local et en produire l'inflammation des fumées (accélération de l'apparition d'un flashover par exemple, ou même phénomène explosif).
  • Une inflammation qui va se propager dans le local sur lequel s'ouvre la porte (autre pièce, couloir...), si celui-ci est rempli de fumées. Celles-ci pouvant venir d'une fuite (faux-plafond par exemple) ou de la pyrolyse d'élément surchauffés au travers de la cloison.

Et de toutes façons, si ces fumées prennent simplement feu sans propager l'incendie, elles risquent de brûler ceux qui ouvriront la porte.

Les objectifs
Il faut essayer d'estimer la situation de l'autre côté de la porte avant de l'ouvrir, améliorer si possible la résistance de la porte (ce qui sera utile s'il faut rebrousser chemin!), éviter l'auto-inflammation des fumées lors de l'ouverture et enfin refroidir la zone située derrière la porte, puisque c'est dans cette zone qu'il faudra aller une fois la porte passée.

La position
Les tâches sont réparties entre les deux intervenants, qui doivent communiquer. Pour cela les rôles sont clairement définis: le porte lance va arroser et c'est son équipier qui va ouvrir la porte. Le porte lance sera protégé par sa lance tandis que l'équipier sera protégé par le mur ou par la porte.
En premier, il faut se positionner. Il existe quatre manière d'ouvrir les portes:

  • En tirant à droite
  • En poussant à droite
  • En tirant à gauche
  • En poussant à gauche

L'équipier se place en se repérant sur un petit moyen mnémotechnique: la règle des 4 "P": Si la Porte se Pousse je me Place côté Poignée. Pour déterminer si la porte se pousse ou se tire, il suffit de la regarder, de chercher les gonds, ou simplement d'en toucher le chambranle. En premier, les sapeurs-pompiers se positionnent de part et d'autres, pratiquement l'un en face de l'autre.

Dans cette position, l'équipier est toujours protégé pour ouvrir. Soit il est protégé par le mur (porte s'ouvrant en poussant, ce qui est l'immense majorité des cas) soit par la porte (cas des portes s'ouvrant en tirant).

Note: lorsqu'il pousse la porte, il le fait avec la main gauche si la poignée est à droite et avec la main droite si la poignée est à gauche. Ainsi, lors de l'ouverture, son visage est protégé : il peut tourner la tête. Pour ouvrir il n'avance que son bras et pas son corps.

Détecter la situation
Les intervenants étant positionnés, il faut tenter de détecter la situation de l'autre côté de la porte. Pour cela il faut d'abord observer car des fumées sous pression sont peut-être visibles. Afin de ne rien oublier et parce que sous ARI il est difficile de se concentrer, la solution consiste à regarder tout autour, dans le sens des aiguilles d'une montre. Ensuite, il faut toucher la porte en gardant impérativement ses gants: ce sont des équipements de protection individuelle et en cas de problème, le sapeur-pompier qui ne les aura pas aura bien du mal à argumenter devant son assureur!
Le fait de toucher la porte avec le dos ou la paume de la main n'est pas clairement définie. L'information par laquelle, en cas de danger de type électrique, la main sera plus rapide à retirer si l'on touche avec le dos qu'avec la paume, n'est pas avérée. Cela vient sans doute du fait que le choc électrique crispera les muscles. Si l'on enserre quelque chose, cela peut donc se révéler vrai, mais pas lorsque l'on touche une surface plane. Par contre, concernant une éventuelle brûlure, se brûler la paume de la main permettra encore de la fermer, tandis qu'une brûlure au dos obligera à la garder tendue (voir l'article sur la détection de la chaleur avec la main). Il semble donc que la solution la plus logique serait de toucher avec la paume de la main.

Toujours est-il que le but n'est pas ici de toucher pour sentir la chaleur, mais plutôt de déterminer si la peinture est en train de se dégrader. Bien avant que l'on puisse ressentir la chaleur au travers d'un gant "incendie", la peinture aura commencé à se dégrader. En passant la main dessus, nous sentirons la peinture "accrocher" comme si elle n'était pas sèche. C'est pour cela qu'il faut toucher la porte de bas en haut afin de déterminer à quelle hauteur la peinture commence à coller. Si vous commencez par le haut et que votre gant est plein de peinture, il sera difficile de savoir jusqu'à quel niveau " ça colle "!
Bien sûr, si la porte est déjà cloquée, il est inutile de la toucher!

 

Important: il est possible de déterminer tout un tas d'éléments par l'observation et le toucher. Mais l'absence d'un signe ne signifie pas l'inverse de sa présence. Ainsi, une porte chaude va indiquer que le local est chaud, mais une porte froide n'indique pas forcément qu'il est froid car la porte peut être isolée. De même, la présence de fumée sortant par le bas de la porte va donner un signe de type "backdraft". Mais si la porte est bien calfeutrée, la fumée ne sera pas visible. D'ailleurs, il existe des exemples de backdraft se produisant dans des locaux possédant des exutoires, insuffisants. Dans ce cas, la surpression s'échappe par l'exutoire et la fumée n'est pas visible en bas des ouvertures. Nous nous rappelons donc d'un point essentiel: l'absence de signe n'est pas un bon signe! En clair, "absence de signe = grand danger". La prudence est toujours nécessaire.

 

Renforcer la porte
Une fois que cette détection est réalisée (observer et toucher), il faut badigeonner la porte. C'est ce qui est conseillé aux personnes piégées chez elles: arroser votre porte! Le but est d'en augmenter la résistance. En cas de repli, il sera ainsi possible de refermer la porte en espérant qu'elle tienne un peu plus longtemps, ce qui est toujours mieux que d'avoir une porte détruite en quelques minutes, ventilant alors le local. En plus, en badigeonnant la porte, nous créons une zone fraîche, toujours agréable dans de telles circonstances. Par contre, difficile d'espérer voie l'eau s'évaporer sur la porte! Si c'est le cas c'est que la porte est déjà très chaude ce que vous aurez déjà déterminé rien qu'en l'observant ou en la touchant.

Le badigeonnage de la porte (painting) se fait avec la méthode déjà employée lors de la progression (sur le meuble qui pyrolyse) ou dans l'attaque pusling-penciling: la lance reste en faible débit et la tête de diffusion est simplement tournée tout à droite pour avoir un jet droit. Partiellement ouverte, la lance va produire un jet assez "mou". En tenant la lance par le tuyau, le porte lance pourra ainsi mouiller la porte sans se lever.

Note: ce principe du jet "mou" est facile à réaliser avec les lances dont le débit se règle avec une bague. Avec les lances à débit par la poignée, l'opération est beaucoup plus délicate. Mais comme en plus ces lances ne produisent que des grosses gouttes et sont donc peu adaptées au refroidissement de la phase gazeuse du feu, autant ne pas les utiliser autre part qu'en extérieur!

Observer la porte, la toucher, l'arroser. Trois étapes essentielles pour tenter de déterminer la situation. Pour s'en rappeler, juste se souvenir du mot mnémotehcnique: ORTA (Observation Rotative, Toucher, Arroser).

Préparer l'ouverture
Les deux hommes sont en place. L'un face à l'autre, ils communiquent facilement et sont bien d'accord sur le protocole à suivre.
L'équipier tient la poignée. Il peut ajouter une petite sangle pour maintenir celle-ci. Le porte lance est contre la porte et tient sa lance bien verticalement. Celle-ci est toujours réglée en petit débit, avec un jet assez étroit (jet d'attaque), donc un jet est donc un peu plus étroit que pour la progression: il correspond au cran central de certaines lances ou bien au dessin du jet d'attaque.
Le porte lance va donner rapidement deux coups de lances, verticalement. L'objectif n'est pas de toucher la porte car celle-ci a déjà été arrosée, mais de suspendre des gouttes en l'air. Ces gouttes vont former une zone fraîche, qui va intercepter les fumées sortant lors de l'ouverture.
Mais sachant que les deux hommes sont contre la porte, il est nécessaire d'avoir un jet assez étroit. En effet, si le jet est trop ouvert, sa périphérie va heurter la porte et en plus, il va retomber en parapluie, sans créer de gouttes au-dessus des intervenants. Pour éviter cela, il faut donc un jet plus étroit, mais en contrepartie, ce jet plus étroit ne va pas couvrir une surface assez grande. Pour cette raison, il faut donner deux coups de lance. Placé perpendiculairement à la porte, le porte lance a beaucoup plus de facilité pour envoyer ces deux coups de jet, parallèlement à la porte. Il donnera le premier pratiquement au-dessus de lui, et le second un peu plus au-dessus de son équipier.

Immédiatement après la seconde impulsion, l'équipier ouvre la porte d'environ 15cm, le porte lance se penche et donne un coup de jet un peu plus long par l'ouverture, vers le haut. Il referme sa lance, se remet en arrière et immédiatement l'équipier referme la porte. L'opération n'a duré qu'une fraction de seconde: l'apport d'air a été négligeable et l'eau a été projetée dans la zone la plus chaude. En même temps, les gouttes projetées avec les deux impulsions sont retombées lors de l'ouverture, piégeant les éventuels gaz chauds qui sortent par le haut. Le jet, assez étroit a permis de viser dans l'ouverture de la porte, sans arroser l'équipier. Quelques secondes d'attente permettent d'assurer un bon refroidissement à l'intérieur: les gouttes ont le temps de monter en température, puis de se vaporiser. Le temps d'ouverture a été très court et n'a permis d'envoyer que très peu d'eau, donc de générer très peu de vapeur dans le local. D'autant que cette eau a été envoyée à petit débit: le volume gagné en contractant les gaz est donc supérieur au volume perdu par la vapeur, ce qui évitera l'effet "piston" à la prochaine ouverture.

Remarque: Les gestes doivent être synchronisés: il est évident qu'il ne faut pas attendre entre les deux impulsions en haut et l'ouverture de la porte, sinon les gouttes seront au sol au moment de l'ouverture et ne piégeront pas les gaz chauds!

Après chaque cycle, Les deux hommes dialoguent, indiquent si l'aspiration en partie basse a été violente, à quelle hauteur a été vu le plafond de fumée etc...
S'il y a des signes de backdraft (ré-aspiration importante, fumée très chargées, pulsantes...), l'opération peut être réalisée pendant un temps très long (parfois une heure). Dans le cas d'une simple stratification de fumée, le cycle est généralement réalisé deux ou trois fois.

Entrer dans le local
Lorsque la situation est jugée suffisamment correcte pour entrer, les deux hommes s'en informent mutuellement. Là encore la communication est impérative ! Ne pas oublier que l'opération se réalise sous ARI, dans la chaleur. Une indication franche est nécessaire pour déterminer si l'entrée dans le local est décidée: signe de la main confirmé par un signe franc de la tête par exemple.

Le cycle est alors réalisé une dernière fois. Juste après l'impulsion longue dans le local, le porte lance ferme sa lance tandis que l'équipier lâche la porte, pour ouvrir celle-ci. Si la porte s'ouvre en tirant, il la tire totalement pour laisser passez le porte lance.
Celui-ci entre rapidement. Si possible, il corrige le jet de sa lance car celui-ci est légèrement trop étroit pour une gestion correcte des gaz chauds. Pour cela, il lui suffit de tourner la tête de diffusion tout à gauche puis de revenir vers la droite, d'un centimètre environ. Il pulse alors immédiatement dans les gaz chauds, au plafond, ce qui refroidira l'atmosphère et lui laissera le temps de juger de la situation.
L'équipier lui fourni le tuyau et entre à son tour. Dans la majorité des cas (voir chapitre suivant), il doit refermer la porte derrière lui. Entrés dans le local, les sapeurs-pompiers vont pouvoir procéder à l'attaque. Le mode d'attaque choisi dépendra de la ventilation. Si elle est correcte, l'attaque combinée sera possible, le choix du geste (Z, O ou T) dépendant alors de la surface à traiter. Si le local est mal ventilé, ou s'il est ventilé mais que le porte lance préfère travailler plus tranquillement, il utilisera l'attaque alternant "Pulsing et Penciling".

Communication claire pour indiquer que l'on entre. Après le dernier cycle, la porte est ouverte et les deux sapeurs-pompiers pénétrent dans le local. L'équipier referme la porte et le porte lance refroidit les gaz chauds par de petites impulsions (jet diffusé ouvert à 60°, débit minimum).

Anti-ventilation ou ventilation?
La mise en place d'un ventilateur d'attaque (PPV ou VPP) ne doit jamais se faire de façon systématique. La mise en place de cet appareil et son démarrage (le faire tourner au ralenti) peuvent se faire rapidement. Mais une analyse extrêmement précise de la situation, de la dimension des sortants, de la position du foyer, des risques d'expansion etc... doit être réalisée avant son utilisation. L'attaque d'un feu de local doit se réaliser avec puissance et rapidité, avec des intervenants placés dans la structure, qui seront donc fortement dépendants de la ventilation. Si l'analyse a été bien faite et confirme l'usage de la ventilation, celle-ci sera d'un grand bénéfice. Si par contre l'analyse n'a pas été faite correctement, l'usage de la ventilation mettra les intervenants en danger, sans moyen pour les secourir.
En clair, lorsque l'on est pas certain à 100% de la ventilation, il ne faut pas l'utiliser! Nous lui préférerons alors l'anti-ventilation. D'ailleurs, la meilleure solution consiste à toujours commencer par l'anti-ventilation, ce qui laissera le temps de mettre les moyens en place, de permettre une analyse correcte (sans précipitation !) de la situation, et de décider sereinement de l'usage ou non des ventilateurs.

Une fois entré dans le local, l'équipier restera à la porte et fournira le tuyau au porte lance. Il gérera aussi la porte. Il y a quatre cas:

  • Local fermé, pas d'usage de ventilateur. Dans ce cas, il faut fermer le local pour empêcher l'apport d'air et attaquer avec la méthode alternant pusling et penciling. Procédant ainsi à l'anti-ventilation, les sapeurs-pompiers vont diminuer l'intensité du feu, qui sera plus facile à combattre.
  • Local fermé, usage d'un ventilateur d'attaque. D'abord, c'est une erreur tactique évidente puisque le ventilateur ne doit être utilisé qu'avec des sortants bien définis et assez grands! Dans ce cas, il faut immédiatement fermer la porte sinon l'apport d'air va alimenter le feu et surtout, la surpression va faire ressortir violemment les gaz chauds par la porte donc sur les deux hommes!
  • Local ouvert, bien ventilé, pas de ventilateur d'attaque. Là encore, autant fermer la porte. Si le local est ouvert il sera possible d'attaque en produisant de la vapeur (méthode combinée). Si la porte reste ouverte, une partie de la vapeur pourra s'y engouffrer et brûler les intervenants. En conservant la porte fermée, la vapeur sortira par les ouvrants qui doivent être situés de l'autre côté du foyer.
  • Local ouvert et ventilation d'attaque. Dans ce cas, et à condition que les ouvrants soient suffisants, il faut garder la porte ouverte. Mais c'est à l'équipier de faire son choix. S'il se rend compte que les fumées reviennent vers la sortie ou qu'après une attaque combinée le résultat n'est pas probant, c'est sans doute que les sortants ne sont pas assez efficaces. Il faudra alors fermer la porte et attaquer en alternant pulsing - penciling.

Conclusion
Le passage de porte est une opération complexe, mais le danger l'est également. Une bonne préparation et un bon entraînement sont nécessaires afin de garantir une sécurité maximale et assurer un travail confortable et efficace.

 

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Technique de lance: attaque pulsing - penciling



La progression ayant été faite avec la plus grande vigilance possible, les sapeurs-pompiers se présentent à la porte du local où se développe l'incendie. Il convient d'attaquer. Pour cela, il existe plusieurs méthodes, qui vont dépendre du type de local, de sa configuration et surtout de sa ventilation. Dans cet article, nous allons nous intéresser à une technique d'attaque (après la progression) pour laquelle une vidéo est disponible en téléchargement: l'attaque pulsing - penciling, technique utilisée pour attaquer un feu dans un local peu ou pas ventilé.

Deux types de combustibles
Dans le feu de local, il y a deux types de combustibles. Le combustible gazeux auquel nous avons déjà été confronté lors de la progression, qui est également présent en partie supérieure du local impliqué, et le combustible solide, le canapé par exemple, qui est en flammes, qui produit des fumées et qui est donc le générateur du combustible gazeux.

Dans le local, il faudra donc traiter à la fois le combustible gazeux et le combustible solide. Le problème principal va être celui de la production de vapeur. Nous avons tous qu'un litre d'eau va produire 1700 litres de vapeur. Mais la réalité est plus subtile: la vapeur est un gaz et elle va occuper d'autant plus de volume qu'elle est chaude. Dans un incendie, il y a assez peu de chance que la vapeur soit produite à seulement 100°C. Or, à 400°C (par exemple) un litre d'eau produit prés de 3000 litres de vapeur (donc 3m3). Il va donc suffire d'un tout petit peu d'eau pour que le local soit transformé en une véritable cocotte-minute, sous pression. A ceci s'ajoute le fait que l'humidité accroît sensiblement la perception de la chaleur. Placés au sein même d'une zone de vapeur, les sapeurs-pompiers courent donc le risque d'être rapidement brûlés par la vapeur.

Il y a donc deux solutions pour résoudre ce problème:

  • Trouver une solution pour évacuer la vapeur produite sans que cette évacuation passe sur les intervenants
  • Générer le moins de vapeurs possible, si l'évacuation n'est pas possible

Pour la première solution, il faut que le feu soit dans un local avec des ouvertures suffisantes et que les intervenants ne soient surtout pas placés entre le foyer et ces ouvertures. L'idéal est d'être aidé par la présence d'une ventilation mécanique, mais dans ce cas il faut être certain que les ouvertures soient suffisantes. Dans le cas contraire, le retour de vapeur sera insupportable et les brûlures potentiellement très graves

Lorsque cette ventilation est inexistante (ou insuffisante) il convient d'opter pour une méthode d'attaque produisant le minimum de vapeur. C'est le but de l'attaque alternant pulsing - pencilling.

Objectifs
Il y a deux objectifs.

Refroidir les gaz chauds. Produits par le combustible solide, ils s'étalent au plafond et empêchent l'approche. Il faut les refroidir pour créer en permanence des conditions de travail "confortables" qui permettront de travailler dans le calme, en analysant et en réalisant des gestes réfléchis. Le refroidissement des gaz chauds a déjà été étudié dans la progression, c'est donc la même méthode qui sera utilisée ici:
- Jet ouvert à environ 60° (tête tournée tout à gauche, puis revenir d'1 cm)
- Impulsion très brève avec levier basculé en entier pendant 1/4 de seconde
- Débit minimum pour produire de petites gouttes dont le temps de suspension sera maximal

La seule différence avec la progression, c'est que nous donnerons sans doute 2 ou 3 coups de lances puisque nous serons certainement dans un local: un coup à gauche, un au centre, un à droite. Ces coups de lance placeront des nuages de gouttes d'eau dans la couche gazeuse, qui refroidiront juste devant le porte lance, ce qui permettra à celui-ci de réaliser le geste suivant.

Refroidir le combustible solide. Dès que la lance est fermée après la dernière impulsion en l'air (pulsing), le porte lance tourne la tête de la lance tout à droite afin d'obtenir un jet droit ("je tourne à droite, j'ai un jet droit"). Il dirige ensuite sa lance vers le bas, pour viser l'élément solide. Deux solutions:
1) Donner de petits coups, rapides, en ouvrant le levier de la lance seulement sur 1/3 environ
2) Ouvrir le levier d'un tiers, mais avec un geste moins "sec"

Les deux méthodes fonctionnent et vont dépendre de chacun, mais le résultat sera toujours le même: un paquet d'eau sera envoyé, comme avec un verre d'eau. Avec peu de surface de contact, ce paquet d'eau va traverser le rayonnement émis par l'objet en feu. Il va tomber sur l'objet, éteindre et surtout tremper le combustible, diminuant ainsi la pyrolyse. Idéalement le porte lance devra envoyer plusieurs petits paquets sur l'objet en feu, au même endroit. En imaginant un canapé avec 3 places, il est préférable de d'abord s'attaquer à une partie du canapé (par exemple, à droite) en y envoyant 2 ou 3 paquets d'eau. Ensuite, renouveler des impulsions en haut, passer au traitement du centre du canapé etc... Ainsi, la partie traitée sera bien trempée, la pyrolyse sera bloquée et il n'y aura pas de reprise. Au contraire, si le porte lance donne un coup sur la partie droite du canapé, puis un au centre, puis un à gauche, il n'aura pas assez "trempé" chaque partie et le risque de reprise sera plus grand.

Le nombre d'impulsions en haut (pusling) et de petits coups de crayons en bas (penciling) va dépendre de l'intensité thermique. Au départ il est évident qu'il faudra plusieurs impulsions en haut pour seulement une ou deux en bas, mais qu'au fur et à mesure la tendance pourra s'inverser.

Quand le jet est produit en partie basse, les gouttes des impulsions en haut sont encore en suspension car elles sont produites en petit débit, donc avec de petites gouttes.

Progressivement, il sera possible de s'avancer et à la fin, de se relever. Lors des séances d'entraînement en caisson flashover au sein de l'Ecole du Feu de Jurbise (Province de Hainaut - Belgique) c'est cette méthode qui est utilisée puisque les caissons ne sont pas équipés d'ouvertures au-delà du foyer (ni fenêtre, ni exutoire). Or, au fur et à mesure, les formateurs font avancer les stagiaires, et alors que l'extinction n'est pourtant pas terminée, les stagiaires qui n'utilisent pas la lance, se lèvent et perçoivent distinctement des vagues de fraîcheur lorsque leur collègue donne des impulsions en partie supérieure.

Progressivement le porte lance s'avance, tout en continuant à refroidir au dessus de lui. Les gouttes vont désormais refroidir au-dessus du combustible, sur lequel les flammes ont pratiquement disparu.

Rendu prés du combustible, le porte lance pourra régler sa lance en jet droit et pourra badigeonner les éléments solides, comme lorsque l'on badigeonne les meubles qui pyrolysent (painting), durant la progression.

 

Attention: lorsque les flammes auront disparu du plafond et les gaz chauds ne seront plus un problème, il deviendra tentant de ne plus faire que des actions sur l'élément solide. C'est une erreur! En effet, tant que l'on alterne les impulsions en l'air, avec l'attaque du solide, nous constatons qu'il n'y a pas de vapeur, pas de perturbation de l'ambiance et que la visibilité est conservée. Par contre, lorsque nous arrêtons les impulsions en haut et que nous nous contentons d'attaquer en bas, même quand tout semble terminé, nous constatons qu'il y a production de fumées blanches (pyrolyse et vapeur) et que la visibilité diminue.
Cela semble logique: la pyrolyse peut difficilement être totalement stoppée, et l'eau projetée sur les surfaces chaudes va produire de la vapeur. Par contre, si nous continuons à donner de temps à autre des impulsions (pulsing) en haut, nous améliorons la situation.
Tant que la colonne de flammes existe, les impulsions en haut sont repoussées par le courant de convection, et les gouttes d'eau nous protégent. Mais lorsque la colonne de flamme n'existe plus, les gouttes projetées vont au-dessus de la zone de feu et refroidissent au-dessus de celle-ci. Les gaz de pyrolyse sont donc dilués par ces gouttes d'eau qui retombent. En plus, la vapeur d'eau qui s'élève du combustible solide, monte dans une zone qui est désormais refroidie. La vapeur va donc se condenser et retomber. Outre le fait que nous évitons l'émission et la propagation des gaz de pyrolyse (risque de reprise et de flash-fire ou de smoke-explosion), nous n'aurons pas non plus de perturbation visuelle par la vapeur, et il y a aura à nouveau refroidissement par l'eau (vapeur condensée) qui retombera.

 

Inconvénients et avantages
Le seul inconvénient de cette méthode, c'est quelle demande un peu d'entraînement. Et encore, tout est relatif: les impulsions en haut (pusling) sont les mêmes que pendant la progression qui a été effectuée préalablement à cette attaque. Lorsque l'attaque commence, le geste a donc été exécuté plusieurs fois et doit donc être correctement réalisé. Seul le geste de penciling (petits coups en bas) est délicat. Il faut d'ailleurs veiller à bien baisser la lance. Ainsi, si le jet est trop fort (ouverture trop rapide ou trop grande), il heurtera violemment l'objet en feu, ce qui sera un moindre mal. Par contre, si le jet n'est pas bien dirigé (trop haut) une ouverture trop grande produira un jet violent qui heurtera les murs et provoquera de la vapeur.

Concernant les avantages, ceux-ci sont nombreux: pas de production de vapeur, pas de surpression donc pas de propagation par les fumées, respect de l'équilibre thermique, préservation de la qualité de vision, pas de coup de chaleur, confort, pas de dégâts des eaux, pas de destruction des preuves, pas de coups de béliers (petit débit), etc... En plus, cette méthode fonctionne aussi bien dans les locaux clos que les locaux ouverts! Alors, que demandez de plus?

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Technique de lance: la progression


La mise à disposition d'une vidéo montrant la technique de progression, permet à chacun de se rendre compte de la technicité de cette opération. Il convient de la décrire plus précisément, afin d'en déterminer l'intérêt, les enjeux etc... C'est que nous nous proposons de faire dans cet article qui complète la vidéo disponible en téléchargement.

Qu'est ce que la progression?
Comme souvent, la question posée semble simple. Mais y répandre n'est pas aussi évident.
Classiquement dans les feux de locaux, nous distinguons trois zones :

  • L'extérieur de la structure
  • Le local en feu
  • La zone à l'intérieur de la structure, qui va de l'extérieur jusqu'au local en feu.

Cette troisième zone, que les intervenants vont devoir traverser, de l'extérieur de la structure vers le local en feu, n'est à priori qu'un lieu de passage vers le foyer. Pourtant, l'analyse de nombreuses interventions montre que c'est là que se produisent la majorité des accidents.

Ceci s'explique par deux choses:
- En premier dans les feux de locaux, le combustible devient rapidement gazeux. La fumée, hautement combustible, mobile, dans laquelle la propagation est quasi-instantanée, va devenir le danger principal (voir ici l'article concernant les feux contrôlés par le comburant)
Sachant que le local en feu est en surpression et que l'extérieur de la structure est en dépression (en fait, en pression plus faible), lorsque la structure va être ouverte, la fumée va sortir du local impliqué pour se diriger vers la sortie, tandis que l'air frais (comburant) fera le trajet inverse.
C'est donc entre la sortie et le local en feu que le combustible (fumée) et le comburant (oxygène de l'air frais entrant) ont des chances de se mélanger. De même, si un front de flamme sort du local en feu, c'est vers la sortie qu'il va se diriger, attiré par cette différence de pression.
- Le second point c'est que dans cette zone, l'attention est souvent relâchée. Le personnel n'ayant pas conscience de la dangerosité de la situation, c'est souvent ici que les gants sont mis, que la cagoule est ajustée. Il arrive également que cette zone soit le lieu de discussion pour savoir où est le foyer, qui va faire quoi e


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